Que fait-on lors de la visite de printemps ?
La première chose est d’évaluer la taille de la population. Une colonie forte doit avoir une population dense : on regarde si les abeilles recouvrent bien les cadres contenant les réserves et le couvain. On vérifie la quantité de réserves alimentaires, on s’assure que les abeilles ont encore suffisamment de miel ou de sirop pour se nourrir, surtout si le printemps est frais. C’est un moment de pleine croissance où faire des réserves est compliqué, la consommation est souvent très forte. On inspecte le couvain, on vérifie la présence de tous les stades de couvain (œufs, larves, nymphes) pour s’assurer que la reine pond correctement. On vérifie que le couvain est dense, et non en mosaïque avec des trous (c’est un signe inquiétant). On inspecte également (avec les bonnes lunettes !) les cadres à la recherche de signes de varroa, de loque américaine, de loque européenne ou de nosémose. Si on en voit, il faut prendre les mesures adéquates ! Par exemple, si vous découvrez une ruche faible ou morte, nettoyez et désinfectez le matériel avant de le réutiliser. On gère aussi les cadres : sur de petites colonies, les cadres de rive peuvent être retirés s’ils sont anciens ou endommagés et remplacés par des cadres neufs ou cirés pour encourager la construction de rayons. Si la colonie est en pleine activité, introduisez des cadres avec une feuille de cire pour qu’elles construisent de nouveaux rayons. Les cirières sont en pleine action jusqu’à l’automne.
Pour prévenir l’essaimage, avant même qu’il ne commence, on peut ajouter une hausse si les ruches sont bien développées : ajouter des hausses pour éviter qu’elles se sentent à l’étroit réduit le risque d’essaimage en donnant de l’espace à la colonie. On peut aussi équilibrer les colonies. On transfère un ou plusieurs cadres de couvain ou des abeilles d’une colonie forte vers une plus faible, si nécessaire.

Les points à surveiller en apiculture urbaine
La surveillance des ressources florales urbaines va être légèrement différente parce qu’en ville, les floraisons peuvent débuter tôt, grâce à des microclimats urbains plus chauds (effet d’îlot de chaleur). Les cerisiers, pissenlits, marronniers, et plantes des jardins privés ou des espaces verts publics peuvent offrir du nectar et du pollen abondants. Les réserves présentes dans les colonies sont quand même à surveiller. Attention à l’essaimage : en milieu restreint, un essaimage peut poser des problèmes pratiques et de voisinage. Inspectez régulièrement les ruches pour détecter les cellules royales et réduire le risque d’essaimage, dès avril ! Si la colonie est forte, créez un essaim artificiel pour diminuer la population dans la ruche principale. N’hésitez pas non plus à anticiper : si la colonie est en pleine expansion, ajoutez une hausse pour offrir plus d’espace et éviter l’encombrement. Pour avoir une bonne relation avec les voisins, les informer sur l’activité des abeilles : en avril, l’activité des abeilles augmente fortement, ce qui peut intriguer ou inquiéter les voisins. Expliquez-leur que cette phase est temporaire et non agressive. De plus, si la ville n’en offre pas suffisamment, prévoyez un point d’eau sécurisé pour éviter que les abeilles ne se rabattent sur les piscines ou les robinetteries des voisins.
La surveillance sanitaire doit être renforcée. Les abeilles en ville peuvent être exposées à des particules fines et à des polluants urbains. Il faut vérifier les signes de maladies comme le varroa ou le couvain plâtré, et agir rapidement si besoin. En avril, les abeilles collectent intensément. Faites attention à d’éventuelles sources de pollution proches, comme des travaux de construction ou des zones industrielles.
En résumé, en avril, l’apiculture urbaine demande une vigilance accrue sur l’essaimage, les relations de voisinage et l’adaptation aux particularités du milieu urbain. Avec une gestion attentive, cette période est cruciale pour préparer une saison apicole réussie !

Quelles fleurs des jardins et espaces verts sont disponibles pour les insectes pollinisateurs ?
Le célèbre pissenlit (Taraxacum officinale) fleurit de mars à juin. Il apporte un pollen jaune abondant et du nectar, il est abondant même dans les prairies tondues comme les jardins ou les rails du tramway. Les primevères (Primula spp.) fleurissent de mars à avril. Elles sont très attrayantes même si elles produisent nectar et pollen en petite quantité. Les muscaris (Muscari spp.) fleurissent de mars à avril, ils apportent nectar et pollen de façon modérée. Les jacinthes des bois (groupe des Hyacinthoides) fleurissent d’avril à mai. Elles fournissent un nectar apprécié des pollinisateurs. Les giroflées (Erysimum spp.) fleurissent de mars à mai et donnent un nectar de qualité.
Il y a aussi des plantes spontanées dans les friches ou sur les trottoirs, par exemple. Le lamier pourpre (Lamium purpureum), qui fleurit de mars à mai, fournit nectar et pollen pour les abeilles. La véronique de Perse (Veronica persica) fleurit, elle, de mars à juin et apporte nectar et pollen. La chélidoine (Chelidonium majus), qui fleurit d’avril à septembre, est parfois visitée par les abeilles, même si ses apports en pollen et nectar sont faibles. On trouve aussi quelques plantes cultivées en ville, comme le colza (Brassica napus), qui fleurit de fin mars à mai. Il a un apport très riche en nectar et pollen (dans les parcelles ou jardins urbains), et pour les apiculteurs il est synonyme de début de l’essaimage. La lavande papillon (Lavandula stoechas) fleurit de mi-avril à juin (selon les variétés), elle apporte un nectar abondant et très attractif.
Ces floraisons variées offrent une ressource précieuse pour les abeilles urbaines, leur permettant de débuter la saison avec vigueur. Cependant, la disponibilité peut varier selon les aménagements locaux. Vous pouvez aussi enrichir l’environnement en favorisant la plantation d’espèces mellifères adaptées.

Pour enrichir l’environnement apicole
Si vous êtes apiculteur ou un ami des pollinisateurs en général ! En grande banlieue parisienne, vous pouvez compléter ces ressources en favorisant la plantation d’espèces mellifères comme :
- Trèfle blanc ou rouge (Trifolium spp.)
- Phacélie (Phacelia tanacetifolia)
- Lavande (Lavandula spp.)


