Nous avons vu que les mammifères jouent un rôle crucial dans la pollinisation de diverses plantes, contribuant ainsi à la biodiversité des écosystèmes dans lesquels ils évoluent. Mais on est loin de se douter de l’importance économique de nombreux produits résultants de cette pollinisation !

Sous nos latitudes, la pollinisation par les mammifères n’est vraiment pas la principale source. Elle est beaucoup plus efficace en milieu tropical.

LE BAOBAB

Les chauves-souris frugivores, les galagos et les lémuriens sont les principaux pollinisateurs des fleurs de baobab. La valeur économique des fruits du baobab est significative et en croissance, notamment en raison de leurs propriétés nutritionnelles exceptionnelles.

Les fruits du baobab, souvent appelés « pain de singe », sont riches en vitamines, minéraux et fibres, ce qui en fait un superaliment très prisé sur les marchés locaux et internationaux.

La demande pour les fruits du baobab est en hausse, tant sur les marchés locaux qu’européens. Cette demande est principalement due à la valeur nutritionnelle exceptionnelle des fruits, qui sont riches en vitamine C, calcium, potassium et fibres.

Les fruits du baobab sont utilisés pour produire de la poudre de pulpe, des jus, des confitures et des compléments alimentaires. La poudre de pulpe de baobab est particulièrement populaire en raison de sa haute teneur en fibres solubles, ce qui en fait un excellent prébiotique.

La pulpe du fruit est particulièrement riche en vitamine C, contenant environ 373 mg pour 100 g, soit sept fois plus que le citron et six fois plus que l’orange. Cette richesse nutritionnelle en fait un ingrédient populaire dans les compléments alimentaires, les jus, les smoothies et autres produits alimentaires.

Les feuilles de baobab sont également utilisées en cuisine et pour leurs propriétés médicinales, ajoutant ainsi à la valeur économique globale de l’arbre.

La production et la commercialisation des fruits du baobab offrent des opportunités économiques aux populations rurales, notamment en Afrique. Des coopératives locales sont formées pour récolter et transformer les fruits, ce qui contribue à l’inclusion économique et à la création d’emplois.

Les fonds générés par ces activités sont souvent réinvestis dans l’outillage et la recherche et développement, ce qui soutient une croissance économique durable. Des certifications et des labels ont été créés. Les produits dérivés du baobab, comme la poudre de pulpe, sont souvent certifiés biologiques et issus du commerce équitable, ce qui ajoute de la valeur et attire les consommateurs souciueux de l’environnement et de l’éthique.

La valeur économique des fruits du baobab est significative et en croissance. En 2017, l’Afrique a exporté 450 tonnes de poudre de pulpe de baobab, contre 50 tonnes en 2013. La demande internationale pour les produits à base de baobab ne cesse de croître, et le marché pourrait atteindre 350 millions d’euros d’ici 2025 selon l’African Baobab Alliance.

En résumé, les fruits du baobab représentent une valeur économique importante grâce à leur richesse nutritionnelle et à leur polyvalence dans divers produits alimentaires et compléments. La demande croissante sur les marchés internationaux et les initiatives locales de valorisation contribuent à la croissance économique et à l’amélioration des conditions de vie des communautés rurales. En Europe, on peut trouver du baobab dans des barres de céréales, par exemple.

LA MANGUE

Les chauves-souris frugivores jouent un rôle dans la pollinisation des fleurs de manguier.

La mangue est un fruit tropical très apprécié, utilisé dans diverses préparations culinaires et boissons. Les principaux pays producteurs sont l’Inde, la Chine et la Thaïlande. La valeur économique de la production de mangues est significative à l’échelle mondiale. En 2022, la production mondiale de mangues (y compris les mangoustans et les goyaves) a atteint 59 millions de tonnes, avec l’Inde en tête, représentant 44 % de la production totale.

Au Sénégal, la mangue représente 63 % de la filière fruits et légumes, avec une production annuelle de 130 000 tonnes. La filière est dynamique et contribue de manière importante à l’économie locale. Des initiatives innovantes, comme la déshydratation de la mangue à basse température, permettent d’allonger la période de commercialisation et de valoriser les déchets générés par les opérations de séchage.

Le Mali est également un acteur majeur dans la production et l’exportation de mangues, avec une production annuelle estimée à environ :

  • 76 453 tonnes en 2018
  • 77 685 tonnes en 2019
  • 79 794 tonnes en 2020

Le pays exporte une partie significative de sa production, avec des quantités annuelles d’exportation atteignant :

  • 22 276 tonnes en 2018
  • 31 277 tonnes en 2019
  • 22 011 tonnes en 2020

La production de mangues peut être très rentable pour les agriculteurs, à condition d’être bien gérée. La rentabilité dépend de plusieurs facteurs, notamment :

  • la taille du verger
  • la qualité des fruits
  • la demande du marché
  • les pratiques de gestion employées

La sélection des variétés, la gestion efficace des vergers, la vente directe aux marchés locaux, les partenariats avec les exportateurs et l’ajout de valeur aux produits à base de mangue sont autant de stratégies qui peuvent augmenter la rentabilité.

En résumé, la production de mangues est une activité économique importante, avec une valeur significative à l’échelle mondiale. Les principaux pays producteurs, comme l’Inde, le Sénégal et le Mali, jouent un rôle clé dans l’approvisionnement mondial en mangues, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et à la croissance économique.

LE DURIAN

Les chauves-souris frugivores sont les principaux pollinisateurs des fleurs de durian.

Du point de vue économique, le durian est un fruit très prisé en Asie du Sud-Est, avec une production valorisée à plusieurs milliards de dollars. Les principaux pays producteurs sont la Thaïlande et la Malaisie.

La valeur économique de la production de durian est significative et en croissance. En 2024, la taille du marché du durian frais devrait atteindre 9,85 milliards USD et croître à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 9,40 %, pour atteindre 15,43 milliards USD d’ici 2029. En 2025, ce marché est estimé à 10,78 milliards USD et devrait atteindre 16,89 milliards USD d’ici 2030.

La Thaïlande et la Malaisie sont les deux plus grands producteurs de durian au monde, représentant ensemble jusqu’à 90 % de la production mondiale. En 2016, la Thaïlande a produit 600 millions de kilogrammes de durian, tandis que la Malaisie en a produit environ 400 millions de kilogrammes. La Thaïlande est également le plus grand exportateur de durian, avec une grande partie de sa production destinée à la Chine.

Le durian est non seulement un fruit apprécié, mais il joue également un rôle important dans les économies des pays producteurs. Par exemple, le gouvernement malaisien a fait du durian un axe économique clé, en créant des festivals annuels de durian et en promouvant la production nationale.

En résumé, la production de durian est un secteur économique en pleine expansion, avec une demande croissante tant dans les marchés traditionnels que dans les nouveaux marchés occidentaux.

LES AGAVES

Si l’on regarde les agaves grâce auxquels on produit de la tequila et du mezcal, on constate que les chauves-souris nectarivores, comme Leptonycteris nivalis et Leptonycteris yerbabuenae, sont les principaux pollinisateurs des fleurs d’agave.

Économiquement, la tequila et le mezcal sont des spiritueux très populaires, avec une industrie valorisée à plusieurs milliards de dollars. Le Mexique est le principal producteur.

La tequila est un produit d’exportation majeur pour le Mexique, avec plus de 80 % des bouteilles exportées à l’étranger. En 2019, la production a dépassé 350 millions de litres, soit une augmentation de 14 % par rapport à 2018. Cette croissance est soutenue par une demande mondiale croissante, avec plus de 64 % de la production destinée à l’exportation en 2022.

La tequila est produite à partir de l’agave bleu (Agave tequilana), principalement dans l’État de Jalisco au Mexique. La production est strictement régulée par le Conseil Régulateur de Tequila (CRT), garantissant la qualité et l’authenticité du produit.

En résumé, la tequila est un secteur économique dynamique et en expansion, avec une production en forte augmentation et une demande mondiale croissante.

La valeur économique de la production de mezcal est également significative et en croissance.

  • Le marché nord-américain du mezcal devrait atteindre 19,73 millions de litres en 2024 et croître à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 14,5 %, pour atteindre 38,82 millions de litres d’ici 2029.
  • Le marché européen du mezcal devrait croître à un TCAC de 23,7 % au cours de la période de prévision, avec une valeur marchande estimée à 517,89 millions de dollars d’ici 2029.

La production de mezcal est principalement artisanale, avec environ 500 producteurs utilisant des méthodes traditionnelles. La production est souvent limitée à 400 litres par mois, ce qui contribue à la rareté et à la valeur élevée du produit.

Le mezcal est produit dans sept États du Mexique, dont Oaxaca, Guerrero et Michoacán, où la culture de l’agave est d’une grande importance économique. La région de Oaxaca est particulièrement renommée pour sa production, représentant 85 % de la production totale.

En résumé, la production de mezcal représente une valeur économique importante, avec un marché en croissance rapide en Amérique du Nord et en Europe. La production artisanale et les méthodes traditionnelles contribuent à la valeur élevée du mezcal, soutenant les économies locales dans les régions productrices du Mexique.

AUTRES EXEMPLES

Il existe d’autres exemples, comme le cacao : bien que les insectes soient les principaux pollinisateurs, certaines espèces de chauves-souris et de petits mammifères contribuent également à la pollinisation.

En matière de valeur économique, le cacao est la matière première du chocolat, une industrie mondiale générant des milliards de dollars chaque année. Les principaux pays producteurs sont la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Équateur. La production estimée pour 2023/24 est d’environ 4,3 millions de tonnes, représentant entre 8 et 10 milliards USD pour la culture des fèves de cacao. La valeur augmente encore lorsqu’on parle de chocolat, transformé à partir du cacao.

Le café, pollinisé par certaines espèces de chauves-souris et de petits mammifères, comme les opossums, constitue un autre exemple. Le café est l’une des boissons les plus consommées au monde, avec une industrie valorisée à plusieurs milliards de dollars. Les principaux pays producteurs sont le Brésil, le Vietnam et la Colombie.

  • La production estimée en 2023 est d’environ 11 millions de tonnes, ce qui correspond à 269 milliards USD en 2024.
  • Ce chiffre inclut la torréfaction, le service et la distribution, pas seulement la matière première.

La banane est également un exemple à fort impact économique. Les chauves-souris frugivores contribuent à la pollinisation des fleurs de bananier.

  • La banane est l’un des fruits les plus consommés au monde, avec une production annuelle de plusieurs millions de tonnes.
  • Les principaux pays producteurs sont l’Inde, la Chine et les Philippines.
  • La production estimée pour les variétés majeures est d’environ 50 millions de tonnes (sans inclure la banane plantain).
  • Le marché mondial de la banane est évalué à environ 138 milliards USD en 2024.

Ces exemples montrent l’importance des mammifères pollinisateurs dans la production de divers produits agricoles et alimentaires. La pollinisation par les mammifères contribue non seulement à la biodiversité, mais aussi à la sécurité alimentaire et à l’économie mondiale.