Arbustes à floraison hivernale
| Espèce | Période | Intérêt mellifère |
|---|---|---|
| Mahonia x media | Déc–févr | Excellent nectar + pollen |
| Viburnum bodnantense | Nov–mars | Très bon |
| Lonicera fragrantissima | Déc–mars | Nectar accessible au froid |
| Sarcococca | Déc–mars | Très odorant, mellifère |
| Helleborus | Déc–mars | Intéressant |

On peut aussi introduire des « fausses hivernales » grâce aux îlots de chaleur urbains (Paris, ou les grandes villes en général) car les plantes avancent naturellement certaines floraisons de 1 à 4 semaines. Il est possible d’utiliser cet effet pour obtenir une floraison très précoce des espèces qui fleurissent plus tôt en ville, comme le romarin (qui peut fleurir dès novembre dans Paris intramuros), la lavande dentée (bien adaptée au climat doux urbain), le fuchsia rustique (qui fleurit jusqu’en décembre), la sauge Salvia officinalis (qui peut parfois encore être en fleur en novembre).
On peut utiliser des plantes de balcon et de jardinières adaptées au froid. Certaines plantes gardent une petite floraison même sous 0 °C. Les plantes en pot qui présentent un intérêt pour les pollinisateurs dans ces îlots de chaleur sont les pensées Viola cornuta (intéressantes pour leur production de nectar et de pollen), les bruyères d’hiver (Erica carnea), les campanules rustiques, les hellébores (Helleborus niger) et le romarin rampant par exemple.
Créer des corridors mellifères d’hiver serait une super optimisation pour les pollinisateurs ! Coordonner l’ensemble des plantations plutôt que de gérer chaque jardin de façon isolée permettrait de créer de véritables « corridors mellifères d’hiver » en ville : pieds d’arbres, bords de trottoirs, allées de parcs, toits végétalisés, friches et rails SNCF, jardins partagés, cimetières — souvent vastes et tranquilles — offriraient un fort potentiel d’optimisation. Ces endroits sont en partie déjà occupés par des plantations, mais très rarement avec des floraisons hivernales.
On n’y pense pas tout le temps mais certaines plantes n’ont pas besoin d’un substrat très épais et s’épanouissent sur les toitures végétalisées. On trouve quelques plantes dont l’orpin d’automne (Sedum spectabile) : il fleurit de septembre à novembre (les fleurs sèches restent utiles). Il produit du nectar et du pollen en quantité élevée pour les papillons et les abeilles en fin de saison. Il tolère très bien les sols secs, les toitures végétalisées et les jardinières.
Et bien sûr, optimiser ces plantations est plus joli pour les êtres humains et plus utile pour les pollinisateurs. Choisir des espèces à floraisons échelonnées, combiner pollen et nectar et privilégier la diversité — c’est-à-dire planter au moins 10 espèces — tout en évitant les variétés stériles ou très horticoles comme les hybrides ornementaux serait judicieux. Enfin, adopter de bonnes pratiques qui ne détruisent pas les ressources hivernales est essentiel : par exemple, éviter la tonte ou la taille en automne, qui peut détruire les bourgeons des futures floraisons hivernales. L’usage de pesticides, même en hiver, est à proscrire, car il tue les pollinisateurs sauvages précoces qui sortent dès janvier.
D’autres plantes comme le mahonia (Mahonia spp.), qui fleurissent d’octobre à mars selon les espèces, produisent une quantité de nectar et de pollen élevée et sont une ressource hivernale très intéressante. Cependant, ce ne sont pas des plantes d’origine européenne, attention à la plantation d’espèces non autochtones et aux espèces invasives. Les mahonias ont une bonne tolérance urbaine en haies ou en massifs, et comme ils tolèrent une certaine pollution, ils ont tendance à être invasifs. On peut choisir d’autres essences.
Le chalef piquant (Elaeagnus pungens) fleurit de septembre à décembre. Il est souvent utilisé en haie en zone urbaine, il tolère bien la pollution et les sols variés. Il diffuse un parfum très suave et agréable. Il offre du pollen et du nectar, mais en quantité moyenne, et a une très bonne tolérance urbaine. C’est une plante robuste, tolérant les sols pauvres et la pollution. Comme d’autres plantes ornementales, elle n’est pas européenne : elle est originaire de l’Est (Chine et Japon). Comme à chaque fois dans ces cas, il faut faire attention au potentiel invasif de la plante.
Les osmanthes, comme Osmanthus fragrans, fleurissent d’octobre à décembre (parfois plus longtemps). Ces arbustes produisent du nectar et du pollen en quantité moyenne. Les fleurs sont très parfumées et attirent les butineurs. On les trouve dans les haies ou isolées, et elles apprécient une exposition abritée.


